Rencontres au Garage Moderne

Salariés, bénévoles, adhérents ou amis de passage… ils font vivre le Garage Moderne. Rencontres.

Yann, 39 ans. «Avant, avec le boulot, j’avais pas le temps. J’ai bossé ici pendant plus d’un an comme mécanicien. 6 mois bénévole, 6 mois salarié. Je viens d’arrêter mon contrat pour repartir sur les routes.

Je retourne en Inde d’ici un mois. En attendant le départ, je viens ici quand j’ai du temps libre. Le principe de solidarité, d’entraide, j’aime beaucoup. Le garage moderne, c’est une autre mentalité. C’est plein de projets. Pour moi, c’est déjà une forme de contestation. C’est comme la 404 que je retape: c’est pas impersonnel, ça a une âme. Putain, cette voiture elle est plus vieille que moi! Et tout se répare. La vieille carburation, l’allumage, tous ces réglages se faisaient à la main. Au final, c’est increvable. La mécanique, ça peut servir. Il y a encore pas mal de vieilles bagnoles comme celle-là en Inde. Même si je fais pas 7 000 bornes pour bosser là-bas! »

Cédric, 34 ans. « Je travaille ici depuis deux ans. A l’époque, j’avais besoin de boulot. Je me suis fait la main sur les voitures. J’ai commencé par de la maintenance même si je n’ai pas spécialement cette qualification. Par contre, sur une bicyclette, je peux tout faire. Quand j’étais étudiant, j’en « glanais » par ci par là pour gagner de l’argent. Je les retapais pour les revendre 300 ou 400 francs. Ça me permettait de sortir dans les bars. Maintenant, je suis à plein temps sur l’atelier vélo . Eh oui, c’est par le vice que j’en suis arrivé là! L’atelier est parti de rien. A l’origine, c’était un tas de ferraille au fond du garage. Le vélo avait perdu de la vigueur. Vendus pas cher en grande surface, ils tombaient souvent en panne. Surtout, il y avait personne pour les entretenir. Aujourd’hui, on ne répare plus, on change la pièce. Pourtant, il y a de la finesse, de la précision dans la réparation. Du coup, ici, on restaure des vieux biclous, on les personnalise aussi. Et peut-être qu’on arrivera à réactiver ces savoir-faire. »


Didier, 42ans. « Je viens bosser tous les après-midi. Mais je suis bénévole. J’ai le statut de travailleur handicapé et pas de boulot. Plutôt que de rester chez moi à rien foutre, j’apprends à réparer des vélos. Il y a quelques années, j’ai suivi une formation d’assembleur-dépanneur en informatique. Mais dès que l’on parle de notre statut, les portes se ferment automatiquement. La loi oblige les entreprise à embaucher des handicapés. Mais elles préfèrent payer l’amende plutôt que de jouer le jeu ! Du coup, le matin, je répare chez moi quelques ordinateurs que m’ont confiés des amis. Ça me permet de gagner un peu ma vie. Et l’après-midi, je retourne à mes vélos. Sinon, je resterais à la maison à rien faire ou à regarder la télé. Et ça, c’est vraiment chiant. »

Khadija, 36 ans. « Je m’occupe de l’accueil, de la facturation, du mailing. Bientôt du site Internet du Garage Moderne. Je connaissais bien l’endroit. Avec mon mari, on y a exposé l’année dernière un projet artistique. Moi-même, j’ai fait des études d’art. Je suis meilleure dans un projet collectif plutôt que seule dans mon coin. Récemment, ils ont eu besoin de quelqu’un. J’ai postulé. Je ne le regrette pas. Ce n’est pas qu’un boulot. Il y a un esprit particulier, de vrais contacts humains. Il y a la possibilité de faire les choses, une liberté d’expression. On ne ressent pas de pression hiérarchique. Et chacun est responsable de ce qu’il fait. »

A suivre…

Fabien PAILLOT

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2 commentaires to “Rencontres au Garage Moderne”

  • Juliette a écrit:

    Bravo pour ces tranches de vie. On en veut d’autres! Mention spéciale pour les photos. Du beau boulot. Ça fait plaisir à voir (et à lire).

  • Pierre Breteau a écrit:

    Fabien Paillot ne fait pas semblant quand il prend des photos. Chouette boulot !