Formes de radoub saccagées mais vivantes

Fermées au public, ainsi que la salle d’où on les commandait, les formes de radoub  sont un lieu où bruisse la vie, malgré sa désaffection.

Les cales, également appelées « bateaux portes », se remplissaient au moment de l’ouverture d’une porte au fond du bassin, lors de l’entrée du bateau dans la forme de radoub.

Puis l’eau en était aspirée grâce à un système de pompe commandé depuis la salle des machines jouxtant, laissant le bateau à sec. Sa quille était ensuite juchée sur le tain, une barre de bois qui traverse le fond de la cale. Quinze ans après leur mise hors service, la nature y reprend peu à peu ses droits.


Dans la salle des machines s’accumulent pêle-mêle les souvenirs du passage des bateaux et les signes d’une vie parallèle. Des morceaux de pain pas encore durs posés sur des monticules de guanos d’oiseaux en témoignent, les lieux ont été visités il y a peu. Aux alentours les tas de blousons, les paquets de cigarettes et les pièces mécaniques amputées de leurs fils de cuivre donnent au lieu des airs de monastère saccagé.


Marion WAGNER

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