La cantine du bassin

Parmi les cafétérias et autres fast food, une adresse ne désemplit pas à la pause déjeuner. Cadre maritime et relaxant, tarifs très abordables, confort maximal : quotidiennement les quais des bassins à flot sont envahis par des véhicules, convertis le temps d’un sandwich, en lieu de restauration.

Beaucoup de travailleurs apprécient le calme des bassins, pour déjeuner au chaud, dans leur voiture. Photo CC
Beaucoup de travailleurs apprécient le calme des bassins, pour déjeuner au chaud, dans leur voiture. Photo CC

Garé entre les bateaux en réparation et les voiliers arrimés au bassin, l’Equipe soigneusement posé sur le volant, un hamburger dans la main, Jean-Philippe, commercial, entame sa pause déjeuner dans sa voiture. De façon quasi-rituelle, quand il est de passage à Bordeaux, cet amateur de voiliers vient manger au calme sur les quais du bassin. Et il n’est pas le seul.

Tous les midis, quelques dizaines de travailleurs choisissent ce lieu pour grignoter leur pique-nique. D’un véhicule à l’autre, ils évoquent des raisons variées : cadre relaxant pour les uns, possibilité de continuer le boulot, en passant quelques coups de téléphone pour les autres, ou encore aversion pour les odeurs et le bruit de l’intérieur du Mac Do. Si le drive du fast-food remporte un grand succès, certains automobilistes, plus prévoyants, ont emporté leur repas. Damien, 19 ans, la glacière posée sur les genoux, tente un déjeuner rapide et équilibré : jambon, pain, yaourts et gâteaux.

Certains manquent de temps pour rentrer chez eux ou manger dans un restaurant. Armel est en mission d’intérim : « Je m’installe ici, car c’est juste à côté du boulot et je n’ai que 45 minutes de pause. » D’autres mentionnent des raisons économiques et pratiques, comme Romain, en formation de mécanicien au CFA Saint-Louis : « Comme  je ne veux pas prendre d’abonnement pour la cafétéria, j’emporte ma gamelle et me gare sur le parking de la Base sous marine. On ne peut pas dire que la vue est bien, mais ça reste ce qu’il y a de mieux dans le coin. Et puis, c’est un endroit tranquille, je peux réfléchir. » Jean-Pierre, lui, travaille pour quelques temps sur le chantier du Cours Balguerie, où il n’y a pas de local adapté pour la pause de midi. Sébastien et Laurent, gréeurs, ne disposent pas non plus de local. Tous les jours, ils se fixent un rendez-vous, et déjeunent dans la voiture de l’un ou de l’autre où ils restent ensuite pour discuter avant de reprendre. En attendant 14 heures, les solitaires, eux, optent parfois pour une petite sieste, siège incliné et moteur allumé, bercés par le cliquetis des bateaux.

Camille CHIGNAC

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