Rencontres au Garage Moderne

Salariés, bénévoles, adhérents ou amis de passage… ils font vivre le Garage Moderne. Rencontres, suite.

Dominique, 48 ans. « Je suis chef d’atelier au Garage Moderne depuis un an. La mécanique, je l’ai apprise sur le tas, avec mes frères. C’est là que j’ai choppé le virus. Je suis électro-mécanicienne de formation. Avant, je dirigeais un service après-vente, une trentaine d’employés sous ma responsabilité. A côté, je préparais des voitures au sein d’un team mécanique pour des championnats automobiles. Un jour, je suis venue ici pour donner un coup de main. Et je suis devenue bénévole au sein de l’association. Au final, j’étais plus souvent là qu’au boulot. Alors, j’ai repris les études avec des gamins de 16 ans. CAP et Bac pro, ça ne m’a pas fait peur. A la sortie, ils m’ont proposé le poste et j’ai accepté. Diriger des hommes, j’ai l’habitude. Faut avoir un cerveau de mec, fonctionner comme eux pour se faire une place. Et vu que je suis perfectionniste, ça passe. Sur le Garage Moderne, j’ai rien à dire. Nous, on n’est pas des remplaçants de pièces. On cherche les pannes, on les répare. Faut venir voir, c’est tout. En tout cas, ma vie en mécanique, elle est ici. »

Khalifa, 50 ans. « Je suis bénévole au Garage Moderne depuis trois ans. Mais la mécanique, c’est mon métier. J’ai commencé à travailler à l’âge de 12 ans. Je tenais un garage en Algérie, dans une petite ville du nom de Boukadir, entre Oran et Alger. Avec les troubles politiques des années 90, j’ai dû tout quitter. Je suis parti d’Algérie aussi à cause des menaces du GIA. C’est la vie, c’est comme ça. Mais aujourd’hui, c’est plus calme. Mes enfants y vivent, le dernier va bientôt passer son bac. Moi, je suis arrivé en France en 1999. Les garages associatifs, ça n’existe pas en Algérie. Ici, j’ai appris beaucoup de choses, notamment sur le fonctionnement des structures associatives. J’habite à Bacalan, pas loin du garage. Alors je passe régulièrement faire un tour. »

Frédéric, 32 ans. « Là, je change les disques et les plaquettes. C’est un véhicule d’entreprise. Je travaille avec des SDF, dans une association d’insertion appelée Insert Net. On a des sous à lâcher pour l’entretien du parc automobile. Alors plutôt que d’aller dans les grosses structures, on préfère placer le pognon au Garage Moderne. Moi, ça va faire trois ans que je suis adhérent. Je bricolais souvent ma caisse tout seul, sur le trottoir. Une amie m’a conseillé de venir ici. Je ne le regrette pas et j’amène maintenant les camions de la boîte. Ils vous obligent à prendre le temps, à avoir une logique et à faire les choses dans le bon ordre. Et ils vérifient toujours le travail, c’est carré. Bon, parfois, c’est le bazar. On donne un coup de main sur une autre voiture, pour déplacer une table, un baby-foot… Mais ça fait toujours plaisir de venir ici, de discuter. Dominique me surnomme « le chat noir » parce j’ai souvent des pannes. En même temps, c’est normal, avec tout ça.»

Fabien PAILLOT

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