Les rouages du B-B pont

Puisqu’il fallait un pont levant, pont levant il y aura. Une trentaine de fois par an, le pont Bacalan-Bastide se hissera pour laisser passer les paquebots en route pour le port de la lune. 

Les passants pourront visiter la tour de pilotage et lun des piliers.
Les passants pourront visiter la tour de pilotage et l’un des piliers.*

Véritable ouvrage d’art, le pont est constitué d’une passerelle enjambant la Garonne et de quatre colonnes. 120 mètres de long, 2 600 tonnes, seule la partie du pont située entre les piliers est mobile . « On a imaginé un tablier métallique le plus léger possible, explique Thomas Lavigne, du cabinet d’architectecture Lavigne et Cheron. Le mécanisme n’est pas très compliqué. Ce qui est exceptionnel, ce sont les dimensions et le poids. » Cinq étapes pour faire fonctionner le plus grand pont-levant d’Europe.

1ère étape : Un bateau s’engage dans l’estuaire. Dès qu’il arrive au Verdon, le navire est pris en charge par les pilotes de la Gironde dépendant de la capitainerie du port autonome de Bordeaux. Les machinistes du pont ont désormais cinq à six heures avant l’arrivée du bateau.

2e étape : Début de la manœuvre. Installé sur la rive droite, en aval du pont, le poste de pilotage est entièrement automatisé. Une seule personne peut le manœuvrer. La circulation est déviée. On presse alors un unique bouton et le tablier central se met en marche.

3e étape : Mise en route du mécanisme. Le tablier se lève selon une technique simple et bien connue (utilisée notamment pour les ponts de la Recouvrance à Brest, celui du port de Hambourg ou celui de Rouen). Une technique également utilisée pour les ascenseurs. Dans les quatre piliers creux, quatre grandes roues actionnent des câbles et des contrepoids. Les moteurs situés dans les embases en béton des piliers font alors descendre les contrepoids. « Nous avons travaillé avec un bureau d’études new-yorkais pour adapter ce mécanisme aux proportions du pont. C’était ça le vrai défi », raconte Thomas Lavigne.

4e étape : Contrôle du levage. Une fois les rouages mis en route, il faut contrôler le bon déroulement de la manœuvre. Des capteurs installés sur le pont permettent de suivre le mouvement d’élévation et de s’assurer que les contrepoids bougent à la même vitesse. Pas question que le tablier soit déséquilibré.

5e étape : Patience. Le tablier s’élève à la vitesse de 3,80 mètres par minute. La hauteur maximum est atteinte en 11 minutes. Une fois levé, le pont dégage une passe navigable de 110 mètres de large et un tirant d’air de 55 mètres, comme son voisin le Pont d’Aquitaine.

Le passage d’un navire ferme le pont à la circulation pour une heure et demi. Il n’y a plus qu’à attendre qu’il redescende…

Marie MORIN

*Axyz images/GTM/Vinci/Egis-JMI/AOA Lavigne ey Cheron

  • Share/Bookmark

Comments are closed.