Petit à petit, les promoteurs font leur nid

Après des années de tergiversations, le projet de rénovation du quartier bassins à flot a bel et bien démarré. Plusieurs promoteurs ont déjà avancé leurs pions, avec l’espoir non dissimulé de s’implanter plus encore dans les mois à venir.


Déjà implantés, les promoteurs immobiliers comptent proposer dautres projets.

Déjà implantés, les promoteurs immobiliers comptent proposer d'autres projets.

« Il y a beaucoup de promoteurs qui s’intéressent aux bassins à flot, qui sentent bien qu’il y a là un enjeu extraordinaire. Les promoteurs de Bordeaux et d’ailleurs ont intérêt à être là parce que ça deviendra un lieu de référence », affirme Michel Duchène, vice-président de la Cub chargé des grands projets urbains. Certains ne se sont d’ailleurs pas contentés de signifier leur intérêt.

Deux projets ont d’ores et déjà vu le jour. A l’angle des rues Achard et Pourmann, le village Bacalan est un vaste complexe de 270 logements, géré par Nexity-Apollonia. « Il reste une trentaine de logements à vendre », relate Alain Ferrasse, directeur général de Nexity-Georges V. A l’entrée du secteur, au 73 quai de Bacalan, c’est Vinci qui œuvre : un ensemble immobilier de 145 logements, du T1 au T5. Et même à 3500 euros du mètre carré en moyenne, les biens se sont arrachés comme des petits pains. Les particuliers ont mis le grappin sur les derniers lots à la fin de l’été 2009, selon les informations fournies par Florian Barbe, responsable commercial de la société immobilière. Et d’expliquer : « Construire ici était un pari peu risqué parce que le foncier est exceptionnel. Cet ensemble immobilier se situe dans le prolongement des quais. Il était donc viable, même avant le projet de rénovation de l’ensemble des bassins à flot ».

Et autant dire que ce n’est pas ledit projet qui va freiner leur appétit. « Ca commence tout de suite ! Les opérations démarreront très vite, dès 2010, après la création du PAE qui devrait intervenir en début d’année prochaine », affirme Michel Duchène. Plusieurs permis de construire ont déjà été déposés. Pour Eiffage, ce sera l’Inseec autour du Nautilus. L’îlot expérimental de Nexity prévoit plus de 400 logements autour du Garage moderne, auxquels s’ajoutent 126 logements sociaux encadrés par Domofrance. La partie émergée de l’iceberg sûrement.

Pas un des promoteurs déjà installés sur le secteur ne dément vouloir construire plus ! Chez Domofrance, un second projet est à l’état d’étude, en partenariat avec la mairie. Celui-ci, pour lequel le permis de construire devrait être déposé mi 2010, prévoit environ 550 logements sur la rue Lucien Faure. Chez Vinci, on négocie actuellement pour l’achat de terrains, selon Florian Barbe. Alain Ferrasse, de Nexity, espère, lui, qu’il y aura « une prime au pionner. Nous avons fait une première affaire importante avec le village Bacalan. Nous en faisons une seconde avec l’îlot expérimental et on espère qu’il y en aura d’autres ».

Et le logement social ?

Si, d’après le discours officiel, les intentions sont bonnes, la réalité est encore floue. Des doutes qui s’expliquent par le fait que le projet d’ensemble ne soit pas encore officiellement validé, selon les acteurs concernés.

Seule certitude, les promoteurs garantissent les 25% de logements sociaux obligatoires dans toute nouvelle construction. «  Nous voulons passer, tout compris, à plus de 50% de logements sociaux sur le secteur, y compris en accession sociale à la propriété », affirme Michel Duchène. Au détail près que ladite accession sociale à la propriété n’entre pas, selon la législation en vigueur, dans le cadre du logement social.

Celui-ci se divise en trois catégories : le PLAI pour lequel les loyers sont les plus bas, le PLUS qui correspond à la tranche intermédiaire des logements sociaux et enfin le PLS, accessible à ceux qui, parmi les éligibles aux logements sociaux, ont la limite de revenus la plus élevée. Sur son ensemble de logements à construire près du Garage moderne, Domofrance promet 60 à 70% de PLUS et un peu de PLAI. Chez Quai Ouest, que du PLS, selon Florian Barbe. Et Michel Duchène de remarquer : « L’opération qui se crée près de la rue de la Faïencerie (Quai Ouest par Vinci, ndlr), c’est plutôt du haut de gamme ».

Il assure néanmoins que les populations sensibles du quartier seront relogées, « sur les bassins à flot en priorité. Ailleurs si ce n’est pas possible ». En bref, il reste encore beaucoup de zones d’ombre. Peut-être la concertation, qui doit se tenir le 30 novembre prochain à Cap Sciences en présence de Nicolas Michelin, l’architecte-urbaniste chargé d’encadrer l’ensemble du projet, apportera-t-elle plus de réponses.

Lucile CHEVALIER, Laurenne JANNOT et Clémence PIERRE

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