La base des discussions

De nombreux Bordelais ne connaissent les bassins à flot que grâce à elle. La base sous-marine accueille depuis dix ans de nombreuses expositions temporaires. Un rôle culturel que la ville entend développer, malgré les contraintes exigeantes du lieu.

La bse sous-marine deviendra-t-elle le futur grand centre culturel de Bordeaux ? Photo FP

La base sous-marine deviendra-t-elle le futur grand centre culturel de Bordeaux ? Photo FP

« La base finit par tout ramener à elle-même. Quand la culture a besoin qu’on ouvre l’espace, elle ne vous laisse pas cette possibilité », constate Danièle Martinez, directrice de la base sous-marine. Il est vrai que les quelque 600 000 m 3 de béton et le poids historique de la guerre se font difficilement oublier. « Tout ne peut pas y fonctionner », confie la directrice. Les sculptures disparaissent, écrasées par le lieu. Les danseurs se confrontent « trop violemment » aux murs. D’après elle, il n’y a que la photographie qui s’accommode de l’endroit.


Investir ? Pourtant, voilà plusieurs années que la mairie réfléchit à en faire « un lieu plus emblématique en matière culturelle », insiste Dominique Ducassou, adjoint du maire à la culture. Lors de la campagne pour Bordeaux 2013, certaines pistes avaient été explorées. Avec le réaménagement prochain du quartier, d’autres se précisent. « C’est un lieu où il y a toujours eu des projets. Il faut désormais améliorer les conditions d’accueil, rendre la base plus attractive. » Une ambition qui sous-entend de lourds travaux, longs et coûteux. « C’est un gouffre financier, s’exclame Danièle Martinez. Pour se doter d’un vrai centre culturel, Bordeaux devrait plutôt créer un nouvel espace, plus moderne, à l’entrée de la ville. Ça ne sert à rien d’investir des sommes astronomiques ici. Jamais on ne la transformera. »

Explorer. Mais Dominique Ducassou ne l’entend pas de cette oreille : « C’est un lieu empreint d’histoire et de mystère. Les espaces sont majestueux. » Comprendre : un endroit unique à exploiter davantage. Concrètement, la mairie compte surtout se focaliser sur les quatre alvéoles ouvertes au public afin d’y diversifier l’offre culturelle, et se penche sur la possibilité d’accueillir des résidences d’artistes dans la partie administrative. Plus tard, « si l’opportunité se présente », peut-être que les visiteurs profiteront de la totalité du bâtiment, qui accueillera alors divers événements artistiques.

Danièle Martinez l’assure : il faut surtout continuer à « expérimenter » et à chercher des oeuvres qui « entrent en résonance avec la base » sans être dénaturées. Une alchimie subtile et rare pour un lieu qui s’impose à la ville mais qu’elle aura grand mal à apprivoiser.

Julie RASPLUS

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