Culture de proximité

Implanté dans un ancien cinéma de quartier, le théâtre du Pont Tournant dynamise la vie culturelle de Bacalan.

Le metteur en scène bordelais Stéphane Alvarez dirige depuis onze ans le théâtre du Pont Tournant
Le metteur en scène bordelais Stéphane Alvarez dirige depuis onze ans le théâtre du Pont Tournant. Photo: M.C.

« On est arrivé là par hasard en 1998 », raconte Stéphane Alvarez, metteur en scène et directeur du théâtre du Pont Tournant. « Notre compagnie, Les Pygmalions, existait depuis 1992. On répétait dans une ancienne usine art-déco de plus de 3000 mètres carrés située sur les boulevards. Mais lors de sa mise en vente, on a dû quitter les locaux et partir à la recherche d’un nouveau lieu de travail. »

Après plusieurs visites, Stéphane Alvarez et sa femme Carole Pierret ont le coup de foudre pour une bâtisse à Bacalan. « On a tout de suite vu que l’endroit avait du potentiel, reconnaît Stéphane Alvarez. A l’origine, il hébergeait Le Familia, un cinéma de quartier inauguré dans les années 30, condamné à la disparition dans les années 60, avec l’arrivée des multiplex. Les papeteries La Couronne avaient remplacé la salle de projection. On a tenté de rendre son âme culturelle au lieu. »

Petit théâtre de quartier

Les comédiens baptisent leur nouvelle scène  « théâtre du Pont Tournant » et associent les habitants du quartier à l’élaboration du décor : « Des marins des bassins à flot ont soudé le gril où sont accrochés les projecteurs ».

L’objectif du metteur en scène est de fonder un théâtre de proximité intégré dans la vie de quartier. « Dès 1998, on a participé à la fête de la musique, à la course cycliste. Bacalan souffrait d’une grande disette culturelle malgré la vitalité des associations comme l’Amicale laïque ou la bibliothèque. Le théâtre est devenu un espace artistique d’échange et de convivialité ».

Démarche ambitieuse

Le directeur du Pont Tournant veut sensibiliser le public au répertoire classique, aux auteurs contemporains, ainsi qu’aux spectacles lyriques ou en langues régionales. Une démarche ambitieuse au sein d’un quartier populaire. « Le but est de présenter des spectacles de qualité à des publics qui n’ont pas l’habitude de lire ou de voir du théâtre. S’ils apprécient chez nous un concert classique, peut-être iront-ils ensuite à l’opéra ». Si les spectateurs bacalanais répondent présent, le théâtre de quartier tente aujourd’hui d’attirer le public du centre de Bordeaux en offrant un ticket de tram retour à tous ceux qui se risquent au delà du pont tournant. Dans une ville où les théâtres foisonnent, cela suffira-t-il ?

Marion CHANTREAU

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