Des médecins de ville comme à la campagne

Médecins généralistes, les docteurs Guillaume Chevrot et Marie-Christine Fillastre exercent tous les deux dans le quartier de Bassins à Flot. Une vingtaine d’années de pratique les séparent mais ils défendent ensemble solidarité et proximité.


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Médecin généraliste, le docteur Marie-Christine Fillastre exerce depuis 24 ans dans le quartier de son enfance qu'elle considère comme un village.

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Arrivé depuis avril 2008, le docteur Guillaume Chevrot ne regrette pas un instant son choix. Il vient même d'acquérir une maison à deux pas de son cabinet.

« Après cinq ans de remplacements en tous genres, je voulais m’installer. » Médecin généraliste trentenaire, Guillaume Chevrot s’est établi rue Joseph Brunet en avril 2008. Originaire de la Benauge, il cherchait un cabinet à Bordeaux avant de trouver l’annonce d’un confrère bientôt retraité.

Quinze jours d’essai ont suffi à le convaincre de rester. « Il y a un côté solidaire, une proximité entre médecin et patient : tout le monde se connaît. » Le travail n’est pas non plus le même que dans ses expériences citadines. « J’ai testé la ville. Je faisais quarante prescriptions de Subutex par jour. Ici, on se débrouille pour tout faire. Il y a beaucoup d’ouvriers : je vois des menuisiers qui se font de ces trucs… J’aime le côté petite chirurgie qu’on retrouve en campagne. »

Pour varier encore plus les plaisirs, Guillaume Chevrot a suivi cette année une formation en médecine sportive. Il est désormais médecin du sport pour la ligue d’Aquitaine de dojo basée à Lormont. Cela l’occupe en moyenne un week-end par mois, selon la fréquence des compétitions. « Ce n’est plus vraiment du travail. Je regarde si les patients vont bien avec l’œil de l’expert, si ce n’est pas le cas, je fais en sorte qu’ils aillent mieux vite. »

La possibilité d’une vie de famille

Le docteur Marie-Christine Fillastre, médecin généraliste qui partage les locaux rue Joseph Brunet avec Guillaume Chevrot, partage son avis sur la richesse de leur métier. Née dans le quartier, elle y exerce depuis 24 ans. Elle est restée pour les avantages médicaux comme la proximité de l’hôpital ou l’absence de gardes de nuit. Ce qui lui a permis d’avoir trois enfants et une vie de famille. Mais aussi pour sa relation avec les patients. « C’est comme un village : On papote au coin de la rue. Et j’entends souvent : « Allez docteur, on va boire un café ? » Des patients sont même venus à l’enterrement de ma mère alors qu’ils ne la connaissaient pas. D’autres ont énormément gâté ma fille à la naissance de sa petite. »

Son quotidien, de la médecine générale bien sûr, mais aussi de la gynécologie, de la dermatologie ou de la pédiatrie. Elle soigne des bébés comme des personnes âgées, très nombreuses dans le quartier. « Je fais tout ça parce que j’aime. Et je ne m’ennuie pas! »

Si son confrère cumule jusqu’à 90 heures de travail hebdomadaire, elle fait en sorte de tourner autour de 45 heures. « Et je prends aussi des vacances. Avant pour les enfants, et maintenant parce que je suis trop vieille. Guillaume Chevrot n’en a toujours pas pris, il le faudrait pourtant. »

L’avenir de la profession dans le quartier, elle l’envisage avec optimisme. « Nous sommes huit ou neuf généralistes dans le quartier, et la patientèle est suffisante. Avec l’arrivée du tramway et les résidences qui vont être construites, le quartier ne se dépeuplera pas. »

Cathleen BONNIN

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