POLA, les bons plans de la culture

Petite visite guidée des nouveaux locaux de la fédération de collectifs bordelais : la fabrique Pola. Installée dans les anciens locaux de la Citram, la régie des bus aquitains, Pola n’y restera pas. Les locaux doivent être détruits dans les années à venir.

Jeremy et Sebastien sont membres de Zebra 3. Ce collectif appartient à Pola. Ils travaillent le bois, les métaux et réalisent des maquettes.

Jérémy et Sébastien sont membres de Zebra 3. Ce collectif appartient à Pola. Ils travaillent le bois, les métaux et réalisent des maquettes.

POLA, un collectif d’associations culturelles et artistiques bordelaises, a investi, en septembre dernier, les anciens locaux de la Citram, l’ancienne régie des bus aquitains.

« Au rez-de-chaussée et au premier, ce sont les bureaux administratifs… », explique Eric Nezan. Depuis 2007, il est l’administrateur et le coordinateur administratif de la fabrique Pola. Le hall, aux murs blancs, est désert. Toutes les portes sont closes.

Cette fédération d’acteurs culturels bordelais est née en 2000, de la volonté d’artistes et d’associations culturelles de la ville. Le but ? Créer une « économie solidaire », déclare Eric. Chaque membre de la fabrique, qu’il soit un collectif ou un artiste indépendant, met ses compétences au service de Pola. Cette mutualisation des moyens de production permet à chacun de se développer.

La structure a inauguré ses nouveaux locaux en septembre 2009. 2400 m2, rue Corneille, mis à disposition par la mairie de Bordeaux. Les huit associations et les quatre artistes indépendants qui composent le collectif ont emménagé dans des locaux communs. Une première en presqu’une décennie d’existence. « Ca crée une dynamique de groupe sympa. On cultive notre réseau, et on peut en faire profiter les autres. Et vice versa. L’endroit est fonctionnel. On est plus ordonné, plus efficace », s’enthousiasme Tanguy, de l’Orbis club pictus. Un collectif qui travaille à la production, l’édition et l’impression d’art graphique.

La visite guidée nous mène dans les sous-sols, divisés en deux espaces. L’un sert de débarras. L’autre, qui sent encore la peinture fraîche, abritera les répétitions d’une compagnie de théâtre qui ne fait pas partie de Pola. « La mairie nous a demandé de les héberger. Les locaux leur appartiennent, il nous arrive de leur rendre ce genre de services », indique le coordinateur de la fabrique. Le bâtiment est tellement grand que les membres de Pola n’occupent pas toute la surface. Ils accueillent donc d’autres structures. Moyennant finance. « On leur demande de participer aux charges d’entretien. Cela permet de compléter le budget de la fabrique », souligne Eric. Autre avantage : la fabrique peut étendre ainsi son réseau de contacts.

La visite continue. On remonte, sort, contourne une partie des bâtiments, avant de rentrer. On traverse une enfilade d’ateliers. Menuiserie, travail des métaux, maquettes, sérigraphie, studios photo, box de montage sons et vidéo. « Les artistes, indépendants ou non, peuvent accéder à nos locaux, au matériel et parfois au savoir-faire de nos membres », ajoute Eric. L’ensemble de ces revenus permet à Pola de payer ses trois salariés, ainsi que les dix-huit autres, employés au sein des diverses associations.

Au fond des locaux, la cuisine, en forme de « L ». On y entre par la partie restaurant. Trois personnes viennent d’achever leur repas. Dont Yoann, membre de l’association Fourmilière. Elle appartient à la « pépinière » de Pola. « Pendant un an, de jeunes associations sont hébergées gratuitement ici. Nous les orientons et payons tous leurs frais », souligne Eric Nezan.

Chapeautant le tout, au second étage, se trouve un grand loft. Là commencent les ennuis. Parfaite pour accueillir du public, « la pièce n’est pas aux normes. Du coup, les associations y rangent leurs stocks ». Autre problème, de taille, la mairie prévoit de détruire les locaux dans un futur proche. Eric Nezan se montre serein : « Nous avons été contactés par Inoxia, une entreprise de communication. Elle souhaite nous associer au projet Darwin. Autour du développement durable. » Soit la promesse d’obtenir, un jour peut-être, une adresse définitive à la Bastide, des locaux deux fois plus grands et aux normes.

Béatrice BOCHET

Le site de la fabrique POLA

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Un commentaire to “POLA, les bons plans de la culture”

  • Marie Irène SOARES PETIT a écrit:

    très chouette !
    on ressent parfaitement l’énergie du collectif !
    cet article donne envie d’aller y voir de plus près avant sa « destruction » ou sa « délocalisation »…