nov 21 2009

A la Marina. Episode 5

Depuis le décès de son père, Christophe a abandonné sa passion, la boxe. Illustration Célia Rivière

Depuis le décès de son père, Christophe a abandonné sa passion, la boxe. Illustration Célia Rivière

Le poste de radio derrière le comptoir crachote un tube d’Eddy Mitchell. Accoudés au bar, les quelques habitués présents ce matin-là semblent être eux aussi « Sur la route de Memphis ». Parmi eux, Christophe, 35 ans, veste en cuir siglée Strada Spirit 69, le cheveu ras et les oreilles percées. Une allure de « bad boy ». A l’écoute de cette chanson, les images se bousculent dans la tête de Christophe : un canyon, une Harley, une belle nana, les grands espaces.

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nov 12 2009

A la Marina. Episode 2

Paulo est en pétard. Illustration de Célia Rivière.

Paulo est en pétard. Illustration de Célia Rivière.

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nov 12 2009

Le jockey

Sur un coin de comptoir du Bord’eau, rue Achard, les clients et les discussions s’enchaînent. Au détour d’un après-midi, récit d’un moment croqué sur le vif.

Les riverains se succèdent au Bordeau. Au hasard dune discussion, le turf.
Les riverains se succèdent au Bord’eau. Au hasard d’une discussion, le turf.

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nov 10 2009

A la Marina. Episode 1

Au bar de la Marina, une petite bande se retrouve pour discuter autour d’un panaché. Echos.

au coin de la rue Delbos, cigarettes, mousses et chaleur humaine. Illustrations de Célia Rivière.

<au coin de la rue Delbos, cigarettes, mousses et chaleur humaine. Illustrations de Célia Rivière.

Mercredi, 10h30, au bar de la Marina. Nadia, la patronne prépare le menu du midi. Assise sur un tabouret devant le bar, elle glisse sa cheville droite sur sa cuisse gauche, installe un torchon à carreaux et un saladier sur ses genoux. Nadia prépare une mayonnaise. Lire la suite


nov 10 2009

Colette Delaloy, icône de la rue Achard

Au bar de la Marine, Colette Delaloy officie avec tact et délicatesse.

La patronne du bar de la Marine, véritable pilier de quartier.

La patronne du bar de la Marine, véritable pilier de quartier.

Elle est légèrement voûtée, très appliquée. Mais, très vite, on remarque sa délicatesse,  son maintien et son élégance. Colette Delaloy est fière et a fière allure. Elle ne se laisse pas aller. Sa mise en plis blonde  encadre son visage rose pâle. Sa peau est lisse et fraîche, élastique comme celle des jeunes filles, maquillée. Les lèvres sont relevées de rouge ; les paupières de bleu ou vert d’eau irisé très clair. Les ongles propres, vernis, polis, taillés ronds. Elle porte de beaux et chics bijoux en or, assez discrets : un ensemble dépareillé mais bien assorti avec diamants et rubis et un camé violet à son doigt.

Colette est la tenancière du bar de la Marine, 28 bis rue Achard, la rue du tram. Celui qui « a causé tant de méfaits  à l’activité industrielle » et, du coup, à la sienne. Elle a 59 ans. Elle travaille avec une femme mûre, qui a gardé des airs de demoiselle, à la plonge et à la cuisine dans l’arrière-salle.  La patronne commence à mettre les couverts pour les repas de midi : « une douzaine ». Elle est sûre d’elle. Elle sait qui va venir. Lire la suite


nov 9 2009

Le patron du Gaulois ne perd pas le nord

Tenancier d’un bar de la rue Achard, Jean est confiant. Avec le tram, le nombre de clients a augmenté. Bordeaux continue à se développer par le nord. Bacalan se transforme. Portrait d’un cafetier loin d’être déboussolé.

Certains clients l'appellent Monsieur Jean

Certains clients l'appellent "Monsieur Jean" Photo B

« Ce café existe depuis au moins cent ans. J’ai retrouvé des photos qui datent de 1932 ». Jean est le patron du bar-tabac-presse Le Gaulois, rue Achard. Il l’a racheté en 2002 précise-t-il fièrement. Jean a vu du pays avant d’atterrir à Bordeaux, quartier Bacalan. D’origine corrézienne, il passe par Paris, la Bretagne, Mérignac.

Moustache et cheveux gris, pantalon beige et pull noir à col rond, lunettes pendues à son cou, Jean s’active derrière le comptoir. A onze heures et demi du matin, son activité est binaire : lancement de petits noirs et validation de grilles de Rapido. La dizaine de tables du bar et le comptoir sont tous pourvus de bulletins de jeu et de stylo. L’écran du Rapido, suspendu au-dessus de la tête du patron, rythme en silence une partie de son activité. Sa femme officie aux cigarettes et aux journaux, quelques mètres plus loin, sur sa droite. Elle aussi est bien mise. A la limite du strict. Brushing récent, monture noire sur le nez, collier en or discret sur pull noir et gilet anthracite. Elle et lui tranchent avec la clientèle matinale : des trentenaires d’origine maghrébine et des vieux. Le couple travaille rive gauche mais habite rive droite, à Saint-André-de-Cubzac, dans « la campagne intéressante, avec des voies d’accès rapides ». Lire la suite